Ouzbékistan : le train, un voyage en soi(e)

Publié le 2 septembre 2026 à 13:12

La Route de la soie, Samarcande… Des noms qui, à eux seuls, nourrissent l’imaginaire.

Parfois sans savoir exactement où les situer sur une carte.

Alors, un peu d'histoire...

Contrairement à ce que son nom laisse imaginer, la Route de la soie n’était ni une seule route, ni uniquement celle de la soie.

Il s’agissait en réalité d’un vaste réseau de routes commerciales reliant la Chine à l’Asie centrale, au Moyen-Orient et jusqu’au bassin méditerranéen.

La soie y voyageait, bien sûr, mais pas seulement.

Épices, pierres précieuses, céramiques, étoffes, chevaux et bien d’autres marchandises passaient de main en main et de ville en ville.

Et avec elles circulaient les hommes, les langues, les religions, les savoirs et les idées.

Selon les itinéraires empruntés, ce vaste réseau traversait notamment la Chine, le Kirghizistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran et la Turquie, jusqu’aux rives de la Méditerranée.

Mais s’il est un pays qui incarne à lui seul tout l’imaginaire de la Route de la soie, c’est bien l’Ouzbékistan. Et s’il est une ville qui la symbolise, c’est Samarcande.

Situé au cœur de l’Asie centrale, l’Ouzbékistan occupait une position stratégique entre la Chine, la Perse (Iran actuel), l’Inde et le monde méditerranéen. Les caravanes y faisaient étape et de grandes cités marchandes s’y sont développées : Samarcande bien sûr, mais aussi Boukhara, Khiva…

À eux seuls, ces trois noms sont déjà une invitation au voyage.

Et puis il y a les caravansérails.

Bien avant l’Ouzbékistan, j’avais déjà eu l’occasion d’admirer des caravansérails en Syrie, au Liban et en Iran. Plus récemment en Arménie, mais aussi au Maroc, où les fondouks remplissaient une fonction similaire.

J’ai toujours été fascinée par ces lieux de halte et d’échanges où se retrouvaient autrefois voyageurs, marchands et caravanes le long des grandes routes commerciales.

Peut-être parce qu’ils racontent tout ce que j’aime dans le voyage : l’ailleurs, les rencontres, les cultures qui se mêlent, l’étape sur le chemin…

Alors forcément, entre les caravansérails, la Route de la soie et Samarcande, l’Ouzbékistan avait tout pour se retrouver en haut de ma liste.

Et quand j’ai découvert que l’on pouvait rejoindre en train les principaux sites d’intérêt du pays et qu’un voyagiste d’aventure le proposait, j’ai tout de suite été emballée.

J’ai pris goût aux voyages en train à la fin des années 90, alors que je vivais au Vietnam. À l’époque, les trajets entre Hanoï et Lao Cai (près de la frontière chinoise) pour rejoindre Sapa étaient une véritable immersion dans la vie locale.

Depuis, dès que je le peux, j’essaie de privilégier le train, pour une partie de l’itinéraire, voire parfois pour un voyage entier.

Parce qu’au fil de mes voyages, j’ai découvert que le train était bien plus qu’un simple moyen de transport : il fait partie intégrante du voyage.

À Madagascar ou au Sri Lanka, j’ai emprunté d’anciennes lignes datant de l’époque coloniale qui desservent encore des régions reculées. En Suisse, je l’ai choisi pour les paysages grandioses qu’il permet de traverser. Au Pérou, pour atteindre Aguas Calientes, aux portes du Machu Picchu. En Roumanie, pour une remontée dans le temps. En Arménie, pour rejoindre Gyumri dans un train particulièrement fréquenté par les locaux le week-end…

Mais au-delà des paysages et des destinations, il y a les rencontres et tous ces moments de vie auxquels on assiste simplement parce qu’on voyage avec les habitants.

Deux ans avant l’Ouzbékistan, j’avais parcouru l’Iran en train avec un voyagiste d’aventure. Un véritable voyage en soi.

L’un des moments les plus marquants de cette traversée de l’Iran d’ouest en est : les 17 heures en train de nuit entre Tabriz et Mashhad, en wagon-couchettes, à partager le quotidien des Iraniens. Il y avait aussi ces arrêts pour la prière, parfois au milieu de nulle part, où ceux qui le souhaitaient descendaient du train pour rejoindre l’espace de prière aménagé dans la gare. Et puis ces pauses cigarette, loin du regard de la police des mœurs.

C’est cette façon de voyager que j’avais envie de retrouver en Ouzbékistan.

Avec des trajets de jour, mais aussi une nuit en train entre Tachkent et Urguentch pour rejoindre Khiva.  

Et, au passage, une vraie surprise : la modernité du réseau ferroviaire ouzbek. Des trains rapides, propres, confortables et ponctuels.

Un contraste parfois saisissant avec les paysages très agricoles de la vallée de Fergana, encore à l’écart des grands circuits touristiques.

Mais ce qui m’a le plus marquée, ce sont les gens. Dans la vallée de Fergana notamment, j’ai été touchée par la gentillesse et la bienveillance des Ouzbeks que nous avons côtoyés.

Une étape que j’ai particulièrement aimée, tout comme Khiva, mon coup de cœur de ce voyage. Une vieille ville fortifiée, au cœur d’une oasis aux portes du désert.

Puis Boukhara, ses magnifiques médersas, mosquées et coupoles chargées d’histoire.

Et Samarcande, enfin, avec son mythique Registan. Magique ! Surtout la nuit.

D’une étape à l’autre sur la Route de la soie, le train a été le fil conducteur de ce voyage dans le temps, au plus près de la vie des Ouzbeks d’aujourd’hui.

Un voyage en soi(e).

Les conseils de Gaïa

L’Ouzbékistan se prête particulièrement bien au voyage en train. Pour un premier séjour, je conseillerais de combiner les grandes cités de la Route de la soie avec la vallée de Fergana, beaucoup moins touristique. Un équilibre que j’avais beaucoup aimé dans l’itinéraire imaginé par Nomade Aventure, avec laquelle j’ai eu plusieurs fois l’occasion de voyager.

Depuis, le réseau ferroviaire s’est développé et il est aujourd’hui tout à fait possible d’organiser soi-même un voyage en train à travers l’Ouzbékistan, en complétant ponctuellement par la route.

Photo : © Virginie Gaborit