Gaïa : voyager pour mieux comprendre le monde

Publié le 9 octobre 2026 à 06:40

Mes plus belles expériences de voyage ont souvent quelque chose en commun : elles mêlent dépaysement, beauté des paysages, histoire et rencontres.

Ce sont souvent les voyages qui permettent d’aller plus loin dans la découverte d’une région du monde qui me passionnent le plus, probablement parce que l’histoire et la géopolitique m’ont toujours intéressée.

Je suis ainsi naturellement attirée par les pays qui séduisent autant par ce qu’ils offrent à découvrir que par les clés qu’ils donnent pour mieux comprendre le monde d’hier et d’aujourd’hui.

À chacun de mes voyages, je suis d’ailleurs toujours étonnée de constater à quel point le passé continue de façonner le présent, plusieurs générations après.

Certains voyages m’ont d’ailleurs particulièrement marquée :

Le Vietnam, où j’ai vécu cinq ans, pour notre histoire commune et son extraordinaire résilience après trente ans de guerre.

L’Égypte, où je suis retournée plusieurs fois, pour son incroyable héritage antique qui, à mes yeux, n’a pas d’équivalent.

Le Proche-Orient, terre de passage de nombreuses civilisations et berceau des trois grandes religions monothéistes. Non sans un pincement au cœur en repensant aux merveilles d’Alep, en Syrie, en partie détruites pendant la guerre, et à Baalbek, au Liban, aujourd’hui encore menacé par les conflits de la région.

Le Japon, pour le contraste entre ses traditions millénaires et son extrême modernité.

Cuba sous Fidel Castro, pour un fascinant voyage dans le temps, mais aussi pour les rencontres avec les habitants que nous prenions en stop pour échanger plus librement avec eux. Un souvenir qui résonne particulièrement aujourd’hui, alors que le pays subit de plein fouet les conséquences du blocus pétrolier américain.

La Bolivie, pour les terribles conditions de travail dans les mines d’argent de Potosí, encore plus effroyables à l’époque coloniale, où étaient exploités populations indigènes et esclaves africains. Et de l’autre côté de l’Atlantique, l’île de Gorée au Sénégal, symbole de la traite négrière.

L’Afrique du Sud, avec l’émouvante visite de la prison de Nelson Mandela à Robben Island et le constat que les fractures économiques héritées de l’apartheid restent très présentes dans le pays.

L’Iran, découvert il y a dix ans, pour le raffinement de sa culture et l’accueil de ses habitants, dont je mesure encore davantage aujourd’hui le courage dans leur combat pour la liberté.

Et puis, plus près de nous, la Pologne, la Bosnie ou l’Arménie, pour leur histoire tragique, qu’il est plus que jamais essentiel de ne pas oublier pour éviter que l’histoire ne se répète.

Voyager, ce n’est pas cocher une case de plus. C’est aussi prendre le temps de découvrir un pays, de rencontrer ceux qui y vivent et d’en revenir avec une autre lecture du monde.

Pour mieux comprendre aussi ce qui se joue chez nous aujourd’hui.